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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 16:19

Comme elles sont toujours d'actualité, bien qu'écrites il y a trois ans, je ne résiste pas au plaisir de soumettre, de nouveau, ces impressions de Ramadhan à Alger, à tous mes amis du Web.

Le mois de jeûne chez les musulmans est une période de l’année qui ne ressemble à aucune autre. Le Ramadhan a une dimension exceptionnelle. Du moins dans ma bonne ville d’Alger tant il est vrai qu’il ne faut parler que de ce que l’on connaît bien. Et ma ville, je la connais, pour y être née il y a bien longtemps. Mais, attention amis visiteurs, je ne suis pas pour autant un vieillard à mettre au placard. Non, pas encore ! Je voulais parler d’un sujet précis et me voici en train de prendre un autre chemin.

Le Ramadhan dure 29 ou 30 jours. C’est selon le bon vouloir de notre amie la Lune. Un mois super génial. Comme disent les jeunes d’aujourd’hui à la Télé. Je ne fume pas, je ne bois pas non plus. Seconde mise en garde : Je suis tolérant et ce qu’ingurgite le voisin n’est pas ma tasse de thé. Quand on est libéré de ces deux handicapantes dépendances, le reste est un jeu d’enfant. On a faim parfois, évidemment, mais ça n’empêche pas la roue de tourner. Par contre, ce qui me sidère à longueur de journée, et me sidérera toujours, ce sont les autres. Leur comportement quotidien change du tout au tout. Seul compte le ftour, le repas de la fin du jeûne. Tout tourne autour de ce moment attendu toute la journée. Dès le matin, ils vous souhaiteront « Bon appétit » Il faut les voir et les revoir, ces jeûneurs déboussolés, errer comme des âmes en peine. Quel spectacle, mes aïeux, et gratuit de surcroît ! Lorsqu’ils sortent de chez eux, marchant déjà comme des zombies, ils n’ont qu’une obsédante idée en tête, une seule : Comment effacer les heures qui les séparent du ftour ? Ils commencent par faire un tour au travail, cette corvée incontournable, parce qu’il faut bien la gagner, sa vie, n’est –ce -pas ? Sans enthousiasme, avec une batterie perso à plat de bon matin. Une fois sur place, ils ouvrent leurs dossiers, pardon, leur journal. Ils consultent les nouvelles du jour, mauvaises d’où qu’elles viennent, a dit le chanteur. Le chef n’étant pas encore là, les souris ne dansent pas : elles lisent. Pour prendre connaissance de ce qui est arrivé aux autres. Pour entamer la journée en douce. Depuis Henri Salvador, ils savent tous que « le travail, c’est la santé…». La seule chose bien ancrée dans l’esprit. Une fois tous les articles épluchés attentivement, les mots croisés, ou pas, et autres jeux terminés, c’est contraints et forcés qu’ils jettent enfin un œil distrait sur leur travail. Pas longtemps, juste un peu. Comme pour justifier un tant soi peu un salaire qui n’est et ne sera jamais celui de leur propre grille de rémunération. La hantise du ftour les reprend très vite. Alors, ils sortent du bureau ou de l’atelier, ou d’ailleurs, de préférence en groupe. Ils vont en mission au marché d’à-côté. La réalité est brutale. Les étiquettes affichent des prix qui ont certainement pris l’ascenseur dans la nuit. Les fruits et légumes sont hors de portée durant le Ramadhan. Quant à la viande, ils ne sont pas bien nombreux ceux qui se souviennent encore du chemin qui mène à la boucherie. Les marchands s’en mettent plein les poches et jouent, sans pudeur aucune, à qui en ramassera le plus. Ils ne donnent pas au mois sacré, qui est d’abord pour eux celui des affaires, la même signification que les jeûneurs. Ces derniers, victimes consentantes, se font arnaquer sous tous les angles et à tous les coins de rues. Comme dans un état second, ils acceptent tout ce qu’on leur fait subir et payer. Et avec le sourire ! Quand ils rentrent chez eux, ils sont tout heureux de ce qu’ils ont acheté. L’Algérien étant un adepte forcené de la famille nombreuse, ses enfants en âge de ramener de l’argent ont déjà fait les mêmes emplettes que lui. Et c’est ainsi que ce beau mois de piété est transformé en un mois où le gaspillage prend des proportions inimaginables. Fort heureusement, tous ne sont pas comme ça dans ma bonne ville d’Alger. On trouve encore des personnes sensées qui savent faire du Ramadhan celui du retour vers les autres. Celui du cœur et de la main tendue vers le plus faible. Et rien que pour ces gens de bien, il est bon de vivre dans ma ville. Je l’aime comme elle est. Malgré les nuisances de toutes sortes, indignes du statut d’une capitale.

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